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Calais: les "migrants"

09:31, 3/11/2009, Calais .. Lien
Mots clefs : situationmigrantsréfugiésassociationsBénévolescalais vu de la terre

Dans cet article particulièrement mal organisé, je vais vous présenter les images, les critiques, les choses que j'ai compris, les choses qui m'ont dégoûté, dans un ordre imprécis, mais qui reflètera mon passage sur Calais ainsi que les émotions et cheminements qui m'ont traversé concernant les "migrants".

 

Depuis déjà quelques années, on nous parle de la présence, à Calais, de migrants ou même de clandestins. Même si ces "titres" enlèvent une bonne part d'humanité à ceux qui en sont porteurs, on remarque que l'on parle rarement d'immigrés.

Car oui, ils ne sont pas arrivés, ils migrent. Vers l'Angleterre principalement, mais aussi vers le Nord de l'Europe, réputé plus accueillant. Et si ils sont si nombreux à Calais, c'est seulement en raison de la volonté des États européens. Il y a Lesvos en Grèce pour les migrants venus de l'Est, Lampeduza en Italie pour ceux venus d'Afrique, mais aussi Ceuta et Mellila en Espagne. Quand ils ont réussi à passer ces "parcs à humains" frontière, on les laisse avancer un peu pour les bloquer à 30km de l'Angleterre et une soixantaine de la Belgique: Calais.

Être migrant à Calais en 2009

Calais, où tout ou presque leur est refusé.

Premièrement, le statut de réfugié, et non pas "migrants " qui est politiquement correct mais fait oublier que la plupart de ces humains viennent de régions en guerre, en grave crise ou soumises à une dictature: Afghanistan, Iran, Irak, Kurdes, Soudan, Erythrée, Palestiniens, Egyptiens, Vietnamiens... Et quand bien même, si ils sont bloqués à Calais, si ils sont partis depuis des mots de chez eux, ce n'est pas seulement pour le tourisme et encore moins de gaieté de coeur.

Les réfugiés sont âgés de 11 à 50 ans pour les extrêmes, je pense que globalement ils ont entre 15 et 30 ans. Ce sont des hommes, et quand il y a des femmes, elles restent cachées. On les voit rarement aux distributions de nourriture.

Les réfugiés ne sont pas nécessairement pauvres mais leur argent leur sert principalement à passer de l'autre côté, et donc à nourrir les mafias de passeurs. Et comment dépenser son argent quand on ne sait pas quand on va quitter une ville, quand on va arriver? En tout cas, rares sont ceux qui parviennent à se payer une nuit d'hôtel...On les rencontre donc dans de nouvelles petites "Jungles" de plus en plus éloignées du centre (l'éloignement est il une solution? j'ai un doute), dans des squats, sous les ponts...d'où ils sont régulièrement délogés par les forces de l'ordre qui en profitent pour détruire leurs habitats et le peu d'affaires qu'ils ont. J'ai assisté à une arrestation où les policiers ont laissé les sacs d'Erythréens dans le parc...comme ça. On les a récupéré, car il est difficile d'accumuler des affaires dans cette ville sans-droits qu'est Calais. Je vous passerais les détails concernant la rencontre d'un groupe de gamins qui dormait dehors et dont l'un d'eux avait une infection pulmonaire, ou l'autre rencontre avec un groupe d'Afghans farcis (c'est une ethnie...) et d'Irakiens, qui dormaient à la belle étoile (nous sommes en automne...) près d'un canal parceque leurs tentes avaient été détruites la veille par les forces de l'ordre. Ils dormaient dans des sacs de couchage trempés. Ils avaient entre 15 et 25 ans.

Parfois, une bonne âme législative leur propose l'asile. Il faut savoir qu'en France la demande d'asile n'offre pas nécessairement l'accès à un logement. Je ne parle d'appartements de cinquante mètres carrés, je parle d'un lit, d'un toit, de toilettes...Récemment le préfet du Nord-Pas-de-Calais se félicitait du doublement du nombre de lits disponibles pour les demandeurs d'asile...de 25 ils passent à 50 places...Il faut savoir qu'en Belgique, si un demandeur d'asile passe une nuit dehors faute de possibilité d'accueil, l'Etat est condamné à payer une amende de 250€. On se rend donc compte que l'humanité n'est pas la même à quelques kilomètres de distance.

Cela permet en tout cas de comprendre pourquoi si peu de réfugiés veulent rester en France. D'autant plus que les arrestations ne s'arrêtent pas quand vous entamez la démarche. Étant considérés comme possibles terroristes, ils sont détenus quelques heures pour vérifier l'authenticité de leurs papiers puis relâchés...à 10 kilomètres de Calais.

Mais le harcèlement policier (et donc politique) envers les migrants, n'est pas la seule explication à ce refus d'effectuer des demandes d'asile en France. Tous sont partis en quête d'une vie meilleure, au moins pour quelques années, ou pour envoyer un peu d'argent à leur famille (après avoir remboursé le coût du voyage: 14€ quand vous traversez la Manche, entre 1500 et 3000 pour les réfugiés). Car c'est souvent toute une famille qui paie pour la traversée de l'un des siens. Les membres déjà présents sur le territoire anglais contribuent aussi à ce paiement. Car beaucoup d'afghans (nationalité principalement représentée à Calais) souhaitent rejoindre leur famille présente en Angleterre, où la communauté y est nettement plus importante qu'en France.


J'ai demandé à quelques personnes pourquoi elles ne renonçaient pas à l'Angleterre pour s'installer en France ou au moins en Belgique. La réponse de l'un d'eux a été particulièrement simple: "Vous en Europe vous vivez seuls. Nous en Afghanistan, on vit en famille et c'est très important".

Que dire d'autre?

Ils sont cultivés. La plupart des migrants ont eu au moins quelques bases scolaires, certains sont allés au collège, au lycée, parfois plus loin. D'ailleurs, au début de l'immigration afghane, c'était essentiellement des médecins, des avocats, des intellectuels qui venaient...car ils en avaient les moyens. 
La traversée de différents pays constitue aussi une base importante de savoir. Certains, certes pas la majorité, sont capables de parler entre quatre et quatorze langues. Mais le français reste régulièrement inaccessible. Cela peut être dû au cloisonnement de cette population opéré par l'Etat. Mais ces horizons d'une grande mixité pourrait être une richesse incroyable pour Calais, qui si elle le mettait en valeur, pourrait devenir une des principales villes cosmopolite et multiculturelle du Nord, et de la France en général.

Dans les autres "détails" de leur vie de migrants, on ne parle pas assez de l'attente. Il faut toujours attendre. Des semaines pour une requête administratives. Des longues lignes pour manger ou pour les vêtements. Avec des bénévoles qui ne sont parfois là que pour faire respecter la ligne avec plus ou moins de diplomatie et de respect (attention, nombre d'entre eux sont respectueux et diplomatiques...mais ce n'est pas la totalité). Des distributions de vêtement organisées tous les quinze jours, même lorsque les chaussures en toile ne résistent pas à la pluie. Leur vie est rythmée par la vie associative, charitable ou solidaire, mais à 90% bénévole. Ce sont des gens qui parfois fatiguent ou se lassent, avec les conséquences que cela peut avoir sur les relations humaines. Ce n'est pas de leur faute. Sans eux, il n'y aurait rien. Ils ont simplement besoin de coups de pouces, de temps en temps, histoire de souffler. Vous savez faire la soupe? Vous avez des vêtements chauds? des couvertures?

 

J'oubliais, à cause de Dublin II (un texte concernant la politique européenne d'immigration) fait que les migrants sont renvoyés dans leur pays d'origine si ils sont expulsables, ou dans leur pays d'arrivée sur le sol de l'Union Européenne si ils ne sont pas expulsables ou si l'on ne connaît pas leur nationalité d'origine. Le pays d'arrivée est en d'autres termes le pays où ils se font arrêter par la police pour la première fois et où l'on a pris leurs empreintes digitales. Souvent la Grèce, mais aussi l'Italie. Deux pays où les droits de l'Homme sont, encore plus qu'en France, à l'état de revendications, tant et si bien que certains préfèrent se mutiler le bout des doigts, pour ne pas être reconnus...

 



Photos d'une baffe

20:26, 2/11/2009, Calais .. Lien
Mots clefs : calais vu de la terrearrestationscrsmigrantsmédiaspolicePHOTOSExposition

Je devrais écrire un article sur les migrants, leurs conditions de vie, sur les politiques locales, nationales, européennes. Je devrais écrire sur le difficile travail des associations aussi bien humanitaire, politique, que diplomatique. Je devrais parler des gens que j'ai rencontré. Je devrais même prendre du recul.

I should write an article about migrant, about their life, about local, national and european politics. I should write about the human, politic and diplomatic association hard work. I should to talk about people I met. I should take the time to think about that.

J'attendrais pour le faire. Parceque j'avais la boule au ventre de quitter Calais quand je savais que des gamins et des hommes continueraient à dormir dehors dans des sacs de couchage humides parceque la police aura détruit leurs tentes.

I will wait to do that. Because I felt sad to leave Calais when I knew that children and mens will continue to sleep in wet sleepbags because cops will destroy their tents.

 

Le long parcours de gamins de 11 à 14ans... 11-14 years old children's long way...

L'heure de la nourriture... - Meal Time

...et l'heure du coucher. - Bed Time

Calais vu de la terre

Calais vu de la Terre... - Calais seen from earth

Foire médiatique - Mediatic game


Les chaussures. - Shoes


Les arrestations quotidiennes - Daily arrests


La rétention, parcequ'ils n'ont pas le bon papier... - Jail, because they don't have the good paper...


 

...et pourtant ce ne sont pas des criminels. - Nevertheless, they are not criminals.

Calais vu de la terre

Alors on fait ce qu'on peut... - So we do what we can.

...et c'est pas grand chose. - And it's not so much.

Mais on pourra pas rester inhumain trop longtemps...J'espère que vous réagirez.

But we'll not be able to stand inhuman a long time...I hope you'll react.



Calais: Associations

20:47, 23/10/2009, Calais .. Lien
Mots clefs : calais vu de la terremigrantsassociations

Après un voyage Alençon-Calais effectué en 4 heures en auto-stop (je pense que c'est un record), et quelques jours passés dans une ferme à Herzeele chez des gens qui organisent des tournois de babyfoot, glanent sans glander et jouent au baseball avec des pommes de terre, je suis reparti dimanche dernier sur Calais.

After a Alençon-Calais, done in 4 hours by hichicking (I think I'm the first to do that), and few days in a farm in Herzele with people who organize table football contests, play baseball with potatoes...I went back to Calais on last Sunday.

.



Cela fait donc six jours que je suis arrivé. Je suis hébergé chez les "No borders" dans leur antenne calaisienne "Calais Migrant Solidarity". Ce groupe est animé par une pensée politique forte, parfois radicale, contre les frontières, l'idée de nation et sont évidemment contre les déportations (No border, no nation...stop deportation!).

So I'm there since six days. I'm hosted by "No borders", in their Calais office: "Calais Migrant Solidarity". This group is animated by a strong politic mind, sometimes radical, against borders, nation idea and, of course, against deportations (No border, No nation...stop deportation!).

Ils sont pour une liberté totale de circuler, liberté inscrite dans les droits de l'Homme.

Si le groupe n'a pas d'organisation hiérarchique et peut être d'existence dite "légale", la participation de ses "membres" lui permet d'être constamment présent sur Calais.

Quand je suis arrivé ils étaient trois, puis deux, et actuellement une dizaine à être présents sur le local.
 

They are for a complete freedom of movement, freedom writed in Human Rights.
If there is no hierarchical organization and, maybe, no "legal" existence, "members" participation permit to be every day on Calais.
When I'm arrived they were there, and two, and now we are ten.


J'essaye de me rendre utile au groupe en participant à ma mesure car je ne me sens pas de m'intégrer à toutes leurs actions.

Je participe donc aux maraudes, à la nourriture, aux réunions et à la traduction de quelques textes.

J'ai la position aussi confortable que désagréable d' "observateur-engagé". Mais mon engagement reste dans ce que je pense être dans l'intérêt des migrants présents et à venir, et surtout en accord avec mes idées.

Les "No borders" se refusent à faire de l'humanitaire et reprochent parfois aux associations présentes sur Calais de ne pas agir assez, ou tout du moins autant qu'eux, sur le plan politique. Car les "No borders" ont effectivement à leur actif de nombreuses actions et publications à Calais et en Europe pour défendre, entre autre, la liberté de circulation.

Toutefois, et ils le reconnaissent, ils sont parfois amenés à faire de l'humanitaire sans vraiment savoir comment et jusqu'où. Et les associations calaisiennes dites "humanitaires" sont impliquées dans le combat politique local. Mais leur discours publiques ne va certes pas jusqu'à l'abolition des frontières et des nations.

Néanmoins, toutes les organisations sur place sont solidaires quand il s'agit de refuser les déportations.

La solidarité...
Toutes les associations (comme Salam), collectifs d'associations (C Sur), ou organisations (No borders) agissent dans l'intérêt - qu'ils évaluent eux mêmes- des migrants à court, moyen ou long terme.

Mais les quelques conflits d'ego (pourtant marginaux) et les visions ou actions politiques parfois éloignées entraînent des manques de communication, des incompréhensions et je pense des qui-proco.
Je pense par exemple que, dans l'intérêt des migrants, les "No borders", pourraient rejoindre le collectif C Sur pour s'engager sur des points précis qui ne remettraient pas en cause leur propre conviction. Car il est aussi important que chaque entité conserve ses combats, son identité.

Ma position d' "observateur-engagé" m'a permis d'assister à une réunion de C Sur et participer à la préparation et à la distribution de nourriture faite le midi par l'association "La Belle Etoile". 

Distribution calme, sympathique mais sportive (si si croyez-moi ^^) sur le nouveau terrain de distribution où les riverains sont protégés par des barbelés et un mure végétal mais où les humains migrants n'ont qu'un préau pas assez large et toujours pas de table pour manger. Le Conseil Régional devait manquer d'argent. Les bénévoles restent motivés.
Distribution calme, sympathique mais sportive (si si croyez-moi ^^) sur le nouveau terrain de distribution où les riverains sont protégés par des barbelés et un mur végétal mais où les humains migrants n'ont qu'un préau pas assez large et toujours pas de table pour manger. Le Conseil Régional devait manquer d'argent...Les bénévoles restent motivés.
 

Aux vues des diverses questions posées, les "No borders" pourraient être mieux connus, même si des liens individuels existent déjà.

Cela est sûrement à travailler aussi par d'autres associations.

Mais malgré ces petits dysfonctionnements, les conflits d'ego présents de-ci de-là, on peut globalement noter que tous les acteurs présents sur le terrain s'entendent bien et savent qu'ils sont tous là pour agir dans l'intérêt des migrants. A titre individuel, beaucoup de personnes n'hésitent pas à se donner des coups de main.

Au niveau des populations présentes dans les différentes associations, j'ai remarqué que la question de l'âge et des orientations politiques ou philosophiques comptait. La Belle Etoile a par exemple beaucoup de bénévoles retraités, quand les "No borders" ont des membres beaucoup plus jeunes.

 

Finalement, j'ai l'impression de retrouver sur Calais la même ambiance que l'on peut trouver dans toutes les villes au niveau associatif avec des sortes de petits conflits territoriaux, mais que cela reste assez marginal tant la situation des migrants est dramatique et inhumaine à Calais. Sans parler d' "union sacrée", l'intelligence et l'engagement prennent largement le dessus sur le reste.

C'est à peu près ce que j'ai compris de la situation calaisienne. Je ne suis pas spécialiste, mon expérience calaisienne se résume à 6 jours quand certains sont là depuis 3 mois (démantèlement de la "Jungle"), 7 ans (Sangatte) ou plus de 15 ans (La Belle Etoile).

Venez sur place pendant vos vacances pour filer un coups de main ou participer à des débats politiques et vous faire votre propre avis!

 A venir: petites observations par rapport aux migrants.



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