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Stockholm: la banlieue sous la neige

22:46, 31/12/2009, Stockholm .. Lien
Mots clefs : migrantsaccès aux soinsscandinaviesuédoisferrycroisièrephotographieanita dorazio

Ce que je n'aime pas, c'est que l'on aime un pays sans savoir pourquoi, sans le connaitre. Et depuis déjà quelques années, il est de bon ton - dans les cercles politiques, militants, médiatiques, ou dans les cafés du commerce- d'envier les pays scandinaves. Pourquoi? Parcequ'ils sont censés avoir réussi aussi bien au niveau social qu'économique. Qu'on leur envie leur stabilité ou leurs puissants syndicats (78% de syndiqués en 2006 1 ), on n'en sait pas beaucoup plus. Pour en savoir plus sur quelques faits méconnus de la Suède, je vous invite à lire cet article: Suède:le malaise et la honte . Afin de respecter les sensibilités politiques de chacun, je vous invite à lire cet autre article: Suède: une trop parfaite démocratie . Le CSA me remerciera plus tard.

Maintenant que chacun a surement, un peu, désacralisé la Suède, on peut partir sur de bonnes bases.

 La Suède m'a beaucoup plu et interrogé sous différents aspects. Je n'en ferais pas la liste, mais être en face d'un système différent, avec une histoire et une actualité dont on ne parle que très peu,et dans le même temps rencontrer des gens complètement nouveaux dans des paysages que vous n'imaginiez pas...c'est assez pour ne pas savoir où commencer. Ce n'est pas un continent inconnu, loin de là, mais ce n'est pas non plus ma cage d'escalier.

Donc, devant l'impossibilité que j'avais à condenser et à rassembler des idées qui n'avaient rien à faire ensemble, j'ai décidé d'utiliser plus de photos qu'à l'accoutumée, un petit tableau et de donner mon point de vue. L'impartialité est un exercice très difficile.

Grands espaces, banlieues et immigration:

 Pour parler de la Suède, il est difficile d'éviter de parler de démographie.Un petit tableau, en partie pompé sur les infos de Wikipédia,  permettra de se rendre rapidement compte de la situation.

  Suède               France métropolitaine
 Superficie (en km²)  450 500  550 000
 Population (en millions)  9,27  62,45
 Densité (en hab/km²)  21  113
 Immigrés/total population (en %)2  14,1  10,7

  Premièrement, la densité de population est 5 fois moins importante en Suède qu'en France. La traduction est simple: plus d'espace. Ainsi la banlieue ne s'effondre pas sur elle même. Les espaces -aménagés- entre les barres d'immeubles rendent la banlieue respirable. D'ailleurs, la dite banlieue est particulièrement bien reliée au centre. Je vivais à 16km du Centre de Stockholm. Le métro, qui passe toutes les dix minutes, m'emmenait en moins d'une demie heure au centre ville. La ville s'est étalée sans exploser. Ce qui permet de profiter d'un panorama assez rare alors que l'on est censé se trouver en "banlieue":
 



Station métro du quartier où j'ai vécu 3 semaines

Fitja: "banlieue" de stockholm, à cinq minutes de Varberg

 
 

Bien sûr, la neige et la non-routine de mon voyage, me font sûrement rater quelques côtés moins agréables, mais pour l'instant, je troquerais volontiers mon ancien appartement girondin pour la banlieue de Stockholm.
 

 
Toutefois, l'aménagement urbain ne fait pas tout.
Ainsi, comme en France, il y a à Stockholm un quartier d'où il ne fait pas bon venir lorsque l'on cherche un emploi. Ce quartier, Rinkeby (dites "Rinekebu") a une population majoritairement somalienne, qui a énormément de difficulté à intégrer le système suédois. Il n'y a en Suède que deux ou trois autres quartiers qui connaissent de tels problèmes.

La solution, originale, qu'a trouvé le gouvernement est de financer une association -le SSUF-pour venir en aide à cette population. Jusque là rien de nouveau sur la planète. Mais c'est une association tenue par des somaliens où interviennent principalement des somaliens et autres migrants d'Afrique Noire. Plus proches de la culture d'origine de la population, ils savent quels thèmes abordés, ils savent comment les abordés, ils savent comment respectés la culture. Ce constat a été frappant lorsqu'une "blanche" est venue dire aux femmes somaliennes qu'elles devaient s'émanciper. Pratiquant l'islam dans une société particulièrement patriarchale, les femmes somaliennes n'ont pour ainsi dire pas adhérer. À l'inverse, lorsqu'une jeune femme d'origine nigériane discute avec elles des possibilités de reculer le mariage (pour continuer les études) ou des possibilités de dire "non" à un mari qui veut d'autres enfants...le discours semble plus simple à engager.
Quand je demande à Adedeji (une étudiante nigériane travaillant au SSUF) si elle se sent féministe: "Oh no!".On ne peut pas nier la culture d'origine de ces personnes, et on ne peut pas espérer la changer à coups de grands discours moralisateurs ou militant. On peut, en utilisant toutes les nuances possibles, permettre aux personnes de faire leur propre choix.

Cela est-il appliquable en France? On craindrait le communautarisme. Petit point de vue personnel: Si l'accès au parc immobilier privé n'était pas rendu impossible par les agences, la question "communautaire" ne serait pas la même. De plus, il est très désagréable, j'imagine, en tant que travailleur social d'imaginer que son discours n'est pas audible en raison de sa couleur de peau, de ses propres origines culturelles.

J'ai également pu rencontrer Dima, un jeune russe présent depuis 6 ans, qui, avec Médecins du Monde, essaye d'aider les arrivants russophones et anglophones, notamment en leur indiquant les personnes ressources, en leur expliquant comment fonctionne la Suède, quels sont les magazins où l'on peut acheter de la nourriture moins chère...Toutes ces informations que tous les migrants ignorent généralement en arrivant dans un pays et qui leurs permettent de faire évoluer leur situation mais aussi d'acquérir une certaine indépendance envers les services sociaux.

La présence d'une communauté, installée et "intégrée" peut donc être considérée comme un plus.



Rinkeby Torg: entrée de la place principale


  Adedeji et l'une de ses jumelles

Accès au soin:

Si le système suédois est particulièrement intéressant, il ne l'est pas pour les migrants sans-papier. L'accès au soin leur particulièrement difficile. Ainsi, ce sont les ONG comme, par exemple, la Croix Rouge ou Médecins du Monde (qui n'est qu'une toute petit structure en Suède) qui prennent en charge une grande partie des soins aux "illégaux". Cette mission est d'autant plus importante que de nombreuses maladies peuvent traîner en longueur en raison de leur impossibilité d'accéder au système basique. Ainsi, les associations ont même du mettre au point des consultations gynécologiques. Sans ces associations, qui pallient aux manques de l'Etat, de nombreuses personnes se retrouveraient dans une situation sanitaire totalement indigne, sans
pouvoir soigner le moindre rhume.

N'ayant pas pu rencontrer la Croix Rouge (sur le qui-vive depuis un scandale3 ) je pu échanger avec un stagiaire de Médecin du Monde. Pour faire part de la situation de l'accès au soin en Suéde, il suffira peut être d'une anecdote. Pour préserver les migrants et être capable de garder le local, on me demandera de ne pas divulguer l'adresse du petit local,où tous les mercredi 20 à 30 sans papiers se rendent.

Si la Suède facilite l'accès aux cours de suédois, si les conditions de vie et d'accueil des immigrés en Suède sont meilleures que dans la plupart des pays d'Europe...cela n'empêche pas ce pays d'avoir de gros efforts (plus éthiques que financiers soit dit en passant) à fournir. Ainsi, le tissus militant reste fort à Stockholm et les citoyens se mobilisent. Ce qui m'a frappé, comme je l'ai déjà indiqué précédemment, c'est l'implication des migrants. Ce qui m'a frappé, en fait, c'est qu'on les laisse s'exprimer, qu'on ne parle pas à leur place comme lors de ce rassemblement hebdomadaire devant le parlement suédois pour réclamer l'accès au soin.



Migrants, militants, audibles et efficaces: rien d'impossible

...Dima en est un exemple.

 

Pour le reste, je continue de profiter pleinement du voyage, des paysages, des gens, des accents francais qui se font entendre ici ou là, de mon anglais approximatif, des magazins où la nourriture ne ressemble pas forcément à ce qu'on est habitué à voir (la Suède est assez drôle pour ca si vous n'avez rien contre le fromage en tube et autres mélanges exotiques comme crevette-fronage...)...

Pour finir, quelques photos d'Helsinki où j'ai pu rencontrer Heidi Hautala -présidente de la sous-commission aux droits de l'Homme au parlement européen- , de l' "archipelago" de Stockholm et autres cartes postales hivernales:




Helsinki historique

Scène de rue

Helsinki

Heidi Hautala

Sur le ferry c'était..."La France Fantastique": Ediath Piaf, cabaret et autres chanteurs morts.

Réveil sur le ferry....Archipelago

Archipelago

Gamla Stan: Vieux Centre Ville

Cirque

Fitja

Voilou,
Tout de suite maintenant je suis à Berlin...
Moins d'enquête, moins de neige,
Mais j'en profite...


1http://www.ires-fr.org/IMG/File/C112-6.pdf
2 Pour ouvrir le rapport statistique de la "Division Population" de l'ONU cliquez ici 

3 http://www.thelocal.se/14392/20080917/



Belgique Wallone: Découverte partielle mais effrénée

Comme d'habitude, j'ai la sensation désagréable de ne pas être resté assez longtemps, à Liège, tout ce que j'aurais aimé découvrir, et tout ce qui aurait pu me surprendre. Mais il  me faudrait probablement passer une vie (environ) dans chaque ville pour avoir la sensation d'avoir suffisamment apercu la vie locale qu'elle soit culturelle, militante, politique...ou juste la vie. Donc cinq jours peuvent effectivement parître assez courts.

Mais Liège a été marqué par l'intensité des rencontres. Aussi nombreuses qu'intéressantes.

Deux contacts pour une bonne programmation:

Manifestations, situation locale...:

Arrivé à Liège je n'avais que deux contacts. Sarah, une amie d'amie qui allait m'héberger la plus grande partie de mon séjour, et le CRACPE - Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers- , qui milite pour la fermeture des centres de rétention en Belgique en général et à Vottem (banlieue liégoise) en particulier, depuis plus d'une dizaine d'année.

Ils m'ont permis de "participer" - ou tout du moins d'être présent- lors de deux temps militants.

Le CRACPE manifeste effectivement, sous soutien aux réfugiés et sa désapprobation des centres de rétention, tous les samedi au centre de rétention de Vottem. Le soutien est aussi bien moral, ne serair-ce que par la présence, que juridique et social, par l'organisation de visite de personnes venant de l'extérieur.

En Belgique, contrairement à la France, différentes organisations peuvent entrer dans les centres de rétention. Le traitement des "détenus" - à savoir des gens qui n'ont la plupart du temps rien fait à part  être dans une situation administrative complexe qu'ils n'ont pas souhaité - y est nettement plus humain. Les gardiens participaient à des activités sportives avec les détenus quand nous sommes arrivés.

A défaut d'être un Club Med, cela a le mérite de paraître moins inhumain qu'en France. Si il y a des politiques communes pour ne pas accepter les migrants, il n'y en a pas pour ce qui est de les accueillir humainement. Ou leurs applications sont à revoir...

Suite à cette rencontre, nous nous sommes rendus à une seconde manifestation,,organisée pour défendre la Chauve-Souris et donc le droit d'occuper des bâtiments abandonnés.

Ce lieu qui est occupé depuis environ un an est menacé (doux euphésmisme) de destruction alors qu'il est occupé en partie par des sans abris (qui ne l'étaient donc plus et n'avaient eu besoin de personne pour se loger dignement...) et sert également de lieu de rencontre, de lieu culturel et politique.



Malgré quelques expressions murales mal vues par certains, la police n'est pas intervenue (à part une petite intervention après la minif pour trouver deux ou trois taggeurs...apparemment sans succès).

Les manifestants ont traversé, quelque peu à l'improviste, un centre commercial. Là aussi, aucune réaction de la police. Pas de provocation inutile de part et d'autre, donc pas de débordement.



Toutefois, un second squat, de sans papier, existe dans une ancienne gare. Les bonnes relations avec le voisinage, l'appui des associations et des politiques, ont permis de le laisser ouvert jusqu'au printemps, contrairement à la Chauve Souris qui n'aura pas cette chance.

...et culture: A suivre.

Immigration, un problème individuel? Pas seulement.



Calais: les "migrants"

09:31, 3/11/2009, Calais .. Lien
Mots clefs : situationmigrantsréfugiésassociationsBénévolescalais vu de la terre

Dans cet article particulièrement mal organisé, je vais vous présenter les images, les critiques, les choses que j'ai compris, les choses qui m'ont dégoûté, dans un ordre imprécis, mais qui reflètera mon passage sur Calais ainsi que les émotions et cheminements qui m'ont traversé concernant les "migrants".

 

Depuis déjà quelques années, on nous parle de la présence, à Calais, de migrants ou même de clandestins. Même si ces "titres" enlèvent une bonne part d'humanité à ceux qui en sont porteurs, on remarque que l'on parle rarement d'immigrés.

Car oui, ils ne sont pas arrivés, ils migrent. Vers l'Angleterre principalement, mais aussi vers le Nord de l'Europe, réputé plus accueillant. Et si ils sont si nombreux à Calais, c'est seulement en raison de la volonté des États européens. Il y a Lesvos en Grèce pour les migrants venus de l'Est, Lampeduza en Italie pour ceux venus d'Afrique, mais aussi Ceuta et Mellila en Espagne. Quand ils ont réussi à passer ces "parcs à humains" frontière, on les laisse avancer un peu pour les bloquer à 30km de l'Angleterre et une soixantaine de la Belgique: Calais.

Être migrant à Calais en 2009

Calais, où tout ou presque leur est refusé.

Premièrement, le statut de réfugié, et non pas "migrants " qui est politiquement correct mais fait oublier que la plupart de ces humains viennent de régions en guerre, en grave crise ou soumises à une dictature: Afghanistan, Iran, Irak, Kurdes, Soudan, Erythrée, Palestiniens, Egyptiens, Vietnamiens... Et quand bien même, si ils sont bloqués à Calais, si ils sont partis depuis des mots de chez eux, ce n'est pas seulement pour le tourisme et encore moins de gaieté de coeur.

Les réfugiés sont âgés de 11 à 50 ans pour les extrêmes, je pense que globalement ils ont entre 15 et 30 ans. Ce sont des hommes, et quand il y a des femmes, elles restent cachées. On les voit rarement aux distributions de nourriture.

Les réfugiés ne sont pas nécessairement pauvres mais leur argent leur sert principalement à passer de l'autre côté, et donc à nourrir les mafias de passeurs. Et comment dépenser son argent quand on ne sait pas quand on va quitter une ville, quand on va arriver? En tout cas, rares sont ceux qui parviennent à se payer une nuit d'hôtel...On les rencontre donc dans de nouvelles petites "Jungles" de plus en plus éloignées du centre (l'éloignement est il une solution? j'ai un doute), dans des squats, sous les ponts...d'où ils sont régulièrement délogés par les forces de l'ordre qui en profitent pour détruire leurs habitats et le peu d'affaires qu'ils ont. J'ai assisté à une arrestation où les policiers ont laissé les sacs d'Erythréens dans le parc...comme ça. On les a récupéré, car il est difficile d'accumuler des affaires dans cette ville sans-droits qu'est Calais. Je vous passerais les détails concernant la rencontre d'un groupe de gamins qui dormait dehors et dont l'un d'eux avait une infection pulmonaire, ou l'autre rencontre avec un groupe d'Afghans farcis (c'est une ethnie...) et d'Irakiens, qui dormaient à la belle étoile (nous sommes en automne...) près d'un canal parceque leurs tentes avaient été détruites la veille par les forces de l'ordre. Ils dormaient dans des sacs de couchage trempés. Ils avaient entre 15 et 25 ans.

Parfois, une bonne âme législative leur propose l'asile. Il faut savoir qu'en France la demande d'asile n'offre pas nécessairement l'accès à un logement. Je ne parle d'appartements de cinquante mètres carrés, je parle d'un lit, d'un toit, de toilettes...Récemment le préfet du Nord-Pas-de-Calais se félicitait du doublement du nombre de lits disponibles pour les demandeurs d'asile...de 25 ils passent à 50 places...Il faut savoir qu'en Belgique, si un demandeur d'asile passe une nuit dehors faute de possibilité d'accueil, l'Etat est condamné à payer une amende de 250€. On se rend donc compte que l'humanité n'est pas la même à quelques kilomètres de distance.

Cela permet en tout cas de comprendre pourquoi si peu de réfugiés veulent rester en France. D'autant plus que les arrestations ne s'arrêtent pas quand vous entamez la démarche. Étant considérés comme possibles terroristes, ils sont détenus quelques heures pour vérifier l'authenticité de leurs papiers puis relâchés...à 10 kilomètres de Calais.

Mais le harcèlement policier (et donc politique) envers les migrants, n'est pas la seule explication à ce refus d'effectuer des demandes d'asile en France. Tous sont partis en quête d'une vie meilleure, au moins pour quelques années, ou pour envoyer un peu d'argent à leur famille (après avoir remboursé le coût du voyage: 14€ quand vous traversez la Manche, entre 1500 et 3000 pour les réfugiés). Car c'est souvent toute une famille qui paie pour la traversée de l'un des siens. Les membres déjà présents sur le territoire anglais contribuent aussi à ce paiement. Car beaucoup d'afghans (nationalité principalement représentée à Calais) souhaitent rejoindre leur famille présente en Angleterre, où la communauté y est nettement plus importante qu'en France.


J'ai demandé à quelques personnes pourquoi elles ne renonçaient pas à l'Angleterre pour s'installer en France ou au moins en Belgique. La réponse de l'un d'eux a été particulièrement simple: "Vous en Europe vous vivez seuls. Nous en Afghanistan, on vit en famille et c'est très important".

Que dire d'autre?

Ils sont cultivés. La plupart des migrants ont eu au moins quelques bases scolaires, certains sont allés au collège, au lycée, parfois plus loin. D'ailleurs, au début de l'immigration afghane, c'était essentiellement des médecins, des avocats, des intellectuels qui venaient...car ils en avaient les moyens. 
La traversée de différents pays constitue aussi une base importante de savoir. Certains, certes pas la majorité, sont capables de parler entre quatre et quatorze langues. Mais le français reste régulièrement inaccessible. Cela peut être dû au cloisonnement de cette population opéré par l'Etat. Mais ces horizons d'une grande mixité pourrait être une richesse incroyable pour Calais, qui si elle le mettait en valeur, pourrait devenir une des principales villes cosmopolite et multiculturelle du Nord, et de la France en général.

Dans les autres "détails" de leur vie de migrants, on ne parle pas assez de l'attente. Il faut toujours attendre. Des semaines pour une requête administratives. Des longues lignes pour manger ou pour les vêtements. Avec des bénévoles qui ne sont parfois là que pour faire respecter la ligne avec plus ou moins de diplomatie et de respect (attention, nombre d'entre eux sont respectueux et diplomatiques...mais ce n'est pas la totalité). Des distributions de vêtement organisées tous les quinze jours, même lorsque les chaussures en toile ne résistent pas à la pluie. Leur vie est rythmée par la vie associative, charitable ou solidaire, mais à 90% bénévole. Ce sont des gens qui parfois fatiguent ou se lassent, avec les conséquences que cela peut avoir sur les relations humaines. Ce n'est pas de leur faute. Sans eux, il n'y aurait rien. Ils ont simplement besoin de coups de pouces, de temps en temps, histoire de souffler. Vous savez faire la soupe? Vous avez des vêtements chauds? des couvertures?

 

J'oubliais, à cause de Dublin II (un texte concernant la politique européenne d'immigration) fait que les migrants sont renvoyés dans leur pays d'origine si ils sont expulsables, ou dans leur pays d'arrivée sur le sol de l'Union Européenne si ils ne sont pas expulsables ou si l'on ne connaît pas leur nationalité d'origine. Le pays d'arrivée est en d'autres termes le pays où ils se font arrêter par la police pour la première fois et où l'on a pris leurs empreintes digitales. Souvent la Grèce, mais aussi l'Italie. Deux pays où les droits de l'Homme sont, encore plus qu'en France, à l'état de revendications, tant et si bien que certains préfèrent se mutiler le bout des doigts, pour ne pas être reconnus...

 



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